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Initiative pour le Développement de l’Agriculture Biologique dans la Région de la Chaouia- Ouardigha[1] Introduction La demande en produits alimentaires obtenus par méthodes biologiques qui ne cesse d'augmenter dans les marchés internationaux. Au niveau national, la demande en produis biologiques commence à s’exprimer de manière significative au niveau des grandes surfaces et même dans certaines chaînes hôtelière qui ont intégré la production biologiques dans leur système. Elle doit connaître un net accroissement avec le développement du tourisme et la prise de conscience des consommateurs sur les dangers de l’agriculture intensive non raisonnée. En effet, les produits issus de l’agriculture biologique représentent aux yeux d’un nombre, de plus en plus grand de consommateurs, des aliments plus naturels, donc meilleurs pour l’environnement et pour la santé. Pour certaine culture telle que la menthe ce mode de production s’impose avec acquitté en raison des dangers qui commencent à se faire pressentir sur la santé des consommateurs dans certaines régions. Au niveau international, la culture biologique se pratique déjà dans plus de 120 pays sur un total de 31 millions d’hectares, représente un marché de 40 milliards de dollars soit 1 % du marché alimentaire mondial et connaîtra un taux annuel de croissance des ventes se situant entre 5% et 40%, selon le marché considéré. Selon la FAO, l’agriculture biologique constitue une opportunité unique pour les pauvres paysans des pays en voie de développement et constitue avec la production des aliments fonctionnels (censés ayant des effets bénéfiques pour la santé, outre leur valeur nutritive) un créneau porteur offrant des perspectives favorables à long terme. Au Maroc, l’agriculture biologique est apparue depuis 1986 à Marrakech sur l’olivier et à Benslimane sur les agrumes, mais son évolution reste très timide comme le montre le tableau ci-après.
La région de Chaouia a l’avantage d’être située entre deux grands pôles touristiques qui sont des marchés potentiels pour les produits biologiques (Marrakech et Casablanca). Cette région est fortement interpellée pour développer des initiatives sur des produits de niches à la fois pour l’exportation et pour le marché interne des grandes surfaces ((enseigne Marjane, Label Vie, groupe Metro, Aswak Assalam, Acima), les grands hôtels et les sociétés de restauration (Royal catering, Aurores). La culture biologique peut également ouvrir de nouvelles perspectives pour le cas des produits de terroirs particuliers, à la fois à travers l’économie solidaire et l’écotourisme. Prenant en considération ces différents éléments, il est proposé de lancer une initiative pour le développement de l’agriculture biologique dans la région de la Chaouia-Ourdigha. Nous présentons ci-après quelques éléments pouvant servir de plate forme pour un débat plus élargie sur l’agriculture biologique. Eléments d’un plan d’action pour le développement de l’agriculture biologique Ce plan d’action peut être décliné en plusieurs axes dont les plus importants seraient les suivants :
Cette étude partir d’un diagnostic rapide de la situation de l’agriculture biologique au Maroc notamment dans la région de Chaouia Ourdigha et les régions limitrophes (Doukkala et Grand Casa Benslimane), pour proposer des niches particulaires pouvant servir de créneaux porteurs pour le développement de l’agriculture biologique dans la région de Chaouia-Ourdigha, sachant dans tous les cas que les partenaires du privé doivent envisager leurs propres études marketing en fonction des besoins spécifiques. Des termes de références sont à envisager dans ce sens pour cette étude.
Le développement de projets sur l’agriculture biologique constitue l’élément central de ce plan d’action. De telles initiatives doivent cependant être l’émanation de plusieurs acteurs que ce soit les ONG, le privé ou l’Etat. On doit simplement veiller à inscrire ces projets dans la mesure du possible, dans le cadre de la nouvelle stratégie du MAPM en terme d’approche méthodologique autour d’agrégateurs cibles, pour chaque composante de la filière agriculture biologique. Dans ce sens, une première initiative est proposée pour le développement d’un projet sur la menthe biologique dans trois communes rurales de Ouled Saïd, El Brouj et Ben Ahmed. Ce projet vise à mettre en place les premiers jalons pour le développement dans une seconde phase, de la menthe bio à grande échelle au niveau de toute la région. C’est un projet intégré qui cible principalement la menthe fraîche, mais propose d’inclure la transformation à travers le séchage dans le processus pour récupérer une partie de la plus value à l’aval de la filière à travers la valorisation des surproductions de la menthe fraîche. Ces résultats attendus de ce projet sont : - le renforcement des capacités des acteurs notamment les groupements de producteurs, les jeunes promoteurs et les agents de vulgarisation à travers la formation dans le domaine de la culture biologique de la menthe et sa transformation. - La création de groupements de producteurs dans les trois localités autour d’agrégateurs potentiels. - Le lancement de cultures pilotes de la menthe biologique dans ces localités servant de pépinières pour d’autres investissements. - Le développement d’un réseau de compétences sur l’agriculture biologique. - L’étude marketing et la commercialisation des produits de la menthe biologique. Cette expérience peut servir de model pour le développement dans une seconde phase d’autres projets sur la production biologiques d’autres espèces dont les PAM, les cultures maraîchères et la production animale (élevage aviaire, cunicole et ovin de race Sardi)
Le métier de l’agriculture biologique a des exigences spécifiques à la fois sur les plans techniques (utilisation de bio-intrants) et réglementaires (certification, traçabilité). Les expériences au Maroc sur les technologies de l’agriculture biologiques sont encore limitées détenue le plus souvent par des ONG spécialisées ou par des acteurs privés. Aussi est-il important de créer un cadre servant de pôle de compétences pour le transfert des connaissances et de jouer le rôle de veille technologique pour informer le public et les producteur sur l’évolution du secteur de l’agriculture biologique. Le séminaire organisé par l’ANOR (Pôle de compétences des agronomes seniors) en association avec la ARFDD dans le cadre du projet PASP, en avril 2008, a montré la nécessité d’un tel cadre pour mettre à profit les pôles de connaissances qui existe déjà dans la région pour le développement du secteur de la menthe biologique. Ce pôle peut mettre à profit les expériences des ONG ( CEFA, Terres et Humanismes France/Maroc, ANOR, ARFDD, SOMAPAM), des organismes de formation et de recherche (les centres régionaux de l’INRA tels que le CRRA de Settat et Agadir, la FSTS de Settat, le Complexe horticole d’Agadir, l’ENA de Meknès), de développement tel que la PV/DPA de Settat et surtout le privé qui dispose d’un savoir faire spécifique dans ce domaine(Exemple, 4 Seasonsplantations). Ce réseau peut s’adjoindre progressivement d’autres pôles de compétences internationaux s’il y a lieu sur l’agriculture biologique. Afin d’innover en la matière, il est tout aussi important de penser à intégrer les acteurs sociaux notamment les ONG et les représentants des communautés locales cibles dans ce processus, pour créer une dynamique régionale vers l’appropriation et le transfert de ce type de connaissance. Le but recherché serait d’aboutir à long terme à un réseau local des acteurs sociaux sur l’agriculture biologique permettant d’intégrer également le savoir local. L’ADS peut jouer un rôle de première instance dans ce processus. Un recensement des principaux pôles de compétences existants au Maroc et dans la région au niveau du privé, des ONG et des structures de recherches et d’enseignements est à envisager dans ce sens.
L’organisation de séminaires de manière régulière toutes les deux années par exemple, permettra d’insuffler une nouvelle dynamique pour le développement du secteur de l’agriculture biologique. L’objectif recherché est d’informer continuellement le public sur l’état d’avancement des connaissances dans ce secteur et de créer des opportunités aux différents acteurs de recherche développement et du privé de développer de nouvelles initiatives de projets dans l’agriculture biologique. L’expérience sur le cactus est tout a fait édifiante à ce propos, puisqu’elle a permis à travers ce système institutionnalisé, de développer une veille technologique sur cette espèce et de sensibiliser les acteurs socio-économiques sur les différents opportunités qu’offre le secteur pour la promotion et la valorisation des produits et sous produits du cactus. Nous proposons dans ce sens, de commencer par l’organisation dés 2009, du premier séminaire sur « la culture biologique de la menthe et les options de sa valorisation dans le domaine de l’agro-industrie ».
La culture biologique est relativement ressente au Maroc. Celle de la menthe est encore au stade expérimental. Les ONG telles que la CEFA et Terres Humanismes ont initié des expériences pilotes au Maroc, mais il y a un besoin urgent d’assurer à la base la formation des formateurs et des futures lauréats sur les différents aspects de la culture biologique qui exige un savoir faire spécifique dans les méthodes alternatives de la lutte contre les maladies et ravageurs, les biopesticides, la biofertilisation, la production de compostes et l’écologie de la faune et de la flore. En outre, la production biologique obéit à une réglementation spécifique en matière de certification qui a des implications à la fois sur les plans techniques (terrain et conduite technique répondants aux normes de la culture bio) et financier (coût des audits de certification). Aussi la formation dans ces domaines, constitue-elle un élément essentiel pour assurer le développement de ce secteur. Dans ce sens, on peut envisager selon les moyens et suite étude, de développer une plate forme pédagogique dans le cadre des instituts techniques existants dans la zone ou dans le cadre de la structure universitaire de Settat. Eventuellement si besoin est on peut envisager la création d’un centre de formation nationale de formation de techniciens spécialisés et des auditeurs de qualité pour la certification bio à l’image de l’expérience en Tunisie.
La Loi en cours d’élaboration sur les produits biologique, par le Ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime à travers la DPVCTRF, constitue un premier élément qui permettra de consolider et d’insuffler une nouvelle dynamique dans le secteur de l’agriculture biologique au maroc. Elle doit être complétée par d’autres mesures dont principalement: - la mise en place d’un système de certification nationale de la culture biologique. En effet, la certification constitue l’élément central des mesures d’accompagnement pour ce mode de production et qui reste tributaires de firmes étrangères (ECOCERT, QUALITE France en particulier). Ceci a des implications importantes sur le coût de production des cultures biologiques qui peu facilement atteindre les 40%. - des mesures incitatives dans le cadre du Fond de développement Agricole (FDA) pour encourager l’investissement dans l’agriculture biologique. - La création de pépinières pour la production de semences et des plants biologiques, élément stratégique dans l’évolution du secteur. Cet aspect permettra également de valoriser les écotypes et les semences locales de certaines espèces endémiques et ouvrir de nouvelles perspectives pour la valorisation du patrimoine territorial et du savoir faire local. [1] Notre proposée par M.Kamal association ANOR |
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